Villeneuve hier...

Villeneuve fut fondée en 1264 par Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX (le très célèbre Saint-Louis) et Comte de Toulouse par mariage.

En 1270, Villeneuve reçoit une charte de franchise et 12 ans plus tard un petit pont est construit. Surmonté de trois tours fortifiées, il est édifié entre 1282 et 1289 par un ingénieur qui travaille pour le compte du Roi d’Angleterre : Édouard Ier Plantagenêts. Il ne reste hélas plus rien de ce pont et de ses tours crénelées de nos jours. On parle toujours du « Pont Vieux » ou du « Pont des Cieutats » pour le désigner. Si ce pont est resté dans les mémoires, c’est qu’il a fait la richesse de Villeneuve. En effet, sa situation au croisement de la route marchande « Périgueux-Auch » est plus qu’avantageuse. Ainsi au XIIIème siècle, ce pont permis le développement symétrique de l’autre moitié de la bastide, située tout juste de l’autre côté du Lot.

Qu’est-ce qu’une bastide ?
Une bastide est un concept de ville qui fut mis en place par Alphonse de Poitiers, dernier comte de Toulouse et frère cadet du Roi Louis IX. Au XIIIe siècle où le projet voit le jour, la France est en pleine expansion et les seigneuries laïques et ecclésiastiques (comme les abbayes, par exemple celle de Moissac dans la région) cherchent à étendre leur domaine en défrichant des terres. Pour attirer les colons, qui sont une main d’œuvre précieuse au défrichement de ses terres, on offre des avantages ou « privilèges », tels des exonérations d’impôts, un lopin de terre à cultiver… Les colons sont donc les premiers habitants des bastides, aussi appelées « Villes neuves » dans les régions du Nord.

Une bastide est en fait une ville ou plutôt son concept, puisque toutes les bastides ont le même plan régulier, formé d’un quadrillage de rues et ruelles perpendiculaires ou parallèles entre elles. Ce sont des villes fortifiées : c’est pourquoi elles sont souvent ceintes de murailles et défendues par des tours crénelées comme à Villeneuve sur Lot. Elles comportent aussi souvent une place centrale, entourées par des arcades (à Villeneuve, la place Lafayette ou place du marché) et qui ouvrent sur la place de l’église.
Les seigneurs et les abbayes, en collaboration avec le Roi de France et les comtes de la région, construisirent ces petites villes qui virent le jour dans des régions qui étaient très peu peuplées, comme le Sud-Ouest de la France par exemple.

Aujourd’hui, plus de 40 communes sont encore dénommées « bastides ». Dans la région de Villeneuve, il y a Monflanquin, Villeréal… qui font également le plaisir des yeux des touristes curieux. Villeneuve demeure tout de même une curiosité dans son genre puisqu’elle est la seule bastide qui chevauche une rivière !

La Tour de Paris et la rue de Paris

La Tour de Paris est une des deux tours de la vieille ville qui servaient de portes à l’époque où Villeneuve était encore ceinte par des remparts qui la protégeaient d’éventuels assaillants. Aujourd’hui une petite partie des remparts seulement a été conservé et les deux tours, celle de Paris et à l’autre bout de la vieille ville, celle de Pujols, gardent toujours fièrement ces vestiges.

La Tour de Paris, ou à son origine : Tour de Monflanquin, est le symbole de la ville moyenâgeuse que fut Villeneuve et est construite en briques de la région toulousaine, ce qui lui procure cette couleur rosée caractéristique. Elle fut construite sous ordres du Roi au XIXe siècle et mesure plus de 10 mètres de haut. Elle abrite un chemin de ronde au 4e étage et au 3e la célèbre prison qui a elle aussi sa légende. En effet, on raconte que l’un de ses prisonniers fut un malheureux boulanger qui avait fait trop cuire son pain !

La Tour de Paris est aussi très connue car elle est le point de départ d’une des rues les plus commerçante de Villeneuve : la rue de Paris. En tant qu’ancienne bastide, Villeneuve a gardé le plan typique de ces villes du Moyen-Âge : les rues forment un quadrillage tantôt perpendiculaires, tantôt parallèles les unes aux autres, au centre une place entourée par des cornières et tout près, alignée dans la diagonale de la place centrale, l’église. À Villeneuve, la rue de Paris est l’une des rues qui mène à la place centrale : la place Lafayette.

La place Lafayette ou place du marché et ses cornières

Cette place a donc été rebaptisée place Lafayette lors de la construction de la fontaine en son centre et abrite le marché les mardis et les samedis, le matin.

Elle accueille également le marché du terroir tous les vendredis soirs en été (mois de Juillet et Août), très réputée pour ses produits frais et ses mets de tradition appréciés par tous les gourmets qui participent à ce rassemblement gourmand. Au menu tous les vendredis soirs, les visiteurs peuvent écouter de la musique tout en dégustant fruits et légumes frais en salade, melons, fougasses, poulets rôtis et frites, crêpes, glaces aux parfums originaux, mais également les fameux escargots persillés cuits au beurre qui font la réputation des Français.

Mais à ses origines, la place ne servait pas seulement aux rassemblements des marchés, elle abritait également au XIVe siècle un pilori et était donc aussi place de justice !

Au centre de cette place, une jolie fontaine fait le bonheur de tous été comme hiver. Autour de la place, les cornières abritent de nombreux commerces. Au-dessus des cornières, si on lève un peu la tête, on peut apercevoir les maisons typiques de Villeneuve, qui appartenaient souvent aux commerçants travaillant sous les cornières et en portaient donc fièrement le nom comme sur la photo ci-contre, au-dessus de la maison de la presse.

Villeneuve...au bord du Lot

Villeneuve compte de nombreux ponts : Le Pont Vieux, le plus ancien, le Pont Neuf, le pont de Bastérou. Le Lot est également lieu de loisirs et de fêtes. En effet, la Cale qui fut récemment construite, est une scène juste au-dessus du Lot, surplombée par des gradins où des artiste peuvent venir jouer toute l’année, et surtout lors des « scènes d’été » aux mois de Juin, Juillet et Août. Autres loisirs, les loisirs sportifs, la base nautique de Villeneuve abrite le club d’aviron, de canoë-kayak et permet également à qui le souhaite de faire une petite promenade sur le Lot. Tout le long des rives, un chemin permet au promeneurs de se balader sur les berges du Lot ou encore comme quelques Villeneuvois, de pêcher !

Le Lot fait partie de l’histoire de Villeneuve. C’est d’ailleurs grâce à ce dernier que Villeneuve s’est développée au fil du temps, faisant de ce fleuve une voie navigable pour les commerçants et leurs marchandises. Villeneuve a d’ailleurs gardé plusieurs traces de cette période où elle fut ville marchande au bord du Lot.

Tout d’abord, le Pont Vieux, qui enjambe le Lot depuis le XIIIe siècle et qui garde encore la trace des octroies , ou petites tours qui étaient installés sur le pont et qui abritaient les passeurs. Les derniers faisaient payer l’ « octroie », ou taxe de passage aux commerçants passant par Villeneuve.

Egalement, la « Chapelle du Bout du Pont » qui est bien un souvenir de cette période marchande, puisque des bateliers sont à l’origine de sa création. En effet, alors qu’ils naviguaient sur le Lot, des bateliers furent subitement arrêtés par une force invisible qui les clouait mystérieusement sur place. L’un d’eux décida alors d’aller voir ce qui se passait. Il plongea donc dans le Lot et remonta à la surface avec… la statue d’une Vierge ; qui leur permit, aussitôt posée dans la gabarre (embarcation utilisée dans la région du Quercy à l’époque) de repartir. En l’honneur de cette Vierge et aussi des bateliers qui l’avaient découverte, on fit construire cette petite chapelle au bout du Pont Vieux.

Cette légende est aussi visible sur l’un des vitraux de l’église Sainte Catherine, à l’intérieur de la vieille ville à côté de la place Lafayette.

L´église Sainte Cathérine

L’église Sainte-Catherine fut construite au XIXe siècle grâce au don du célèbre Georges Leygues, préfet et homme politique issu de Villeneuve. Sainte Catherine fut édifiée à l’emplacement exact de la première église, construite pour la bastide du XIIIe siècle, dans la diagonale de la place du marché. Trop vétuste, il n’en restait que des vestiges, on décida donc d’en reconstruite une nouvelle. G. Leygues voulait construire une église qui sortait de l’ordinaire et qui symbolise aussi l’image de Villeneuve, ville du Sud. Il la fit donc bâtir en brique toulousaine, comme la Tour de Paris, et chargea plusieurs architectes à sa construction : Roy et Corroyer ainsi que l’entrepreneur Corne.

Son style romano-byzantin et ses dimensions imposantes, 47 mètres de long, 19 mètres de large ainsi qu’un clocher de 55 mètres de haut, demandèrent près de 40 ans de dur labeur. Les travaux commencèrent en effet en 1898 pour se finir en 1937. Seuls les vitraux du XVe siècle de l’ancienne église, réalisés par Maurice Réalier-Dumas, furent conservés. On peut donc toujours les admirer dans l’église de nos jours.

L´église Saint-Etienne

L’église Saint-Étienne est d’un tout autre style, de style gothique méridional tardif, elle possède également de superbes sculptures en bois du XIIe siècle. Déjà rénovée au XVIIe siècle, où on lui avait bâti un nouveau clocher-mur, suite aux dégâts de la foudre, elle fut tout récemment l’objet de travaux importants. Pendant plus d’un an, elle fut recouverte d’échafaudages et on travailla à la rénovation de son intérieur et de sa façade. Aujourd’hui, sa façade a retrouvé la jolie couleur jaune de la pierre typique de la région : le grès, et arbore une superbe porte bleue, couleur originale des premières portes d’églises.

Ci-dessus l’église Saint-Étinne, il y a bien longtemps...

...et aujourd´hui

La mairie de Villeneuve est un imposant bâtiment moderne, caractérisé par ses grandes verrières et son aspect contemporain. Elle fut en fait construite sur l’emplacement de l’ancien collège de jeunes filles de Villeneuve qui avait été ravagé par les flammes, puis restauré.

Le théâtre G. Leygues

Le théâtre de Villeneuve fut également construit en l’honneur de Georges Leygues, qui a aussi donné son nom au lycée de Villeneuve. De style « art déco », il est un des théâtres les plus importants de la région et permet aux Villeneuvois d’apprécier une saison culturelle riche et variée : spectacles de danses, théâtre, comédies ou encore le célèbre « Festival du rire » qui accueille chaque année de grands humoristes français.

C’est également au théâtre que se font certaines représentations des groupes de théâtre de jeunes, ainsi que des concerts de l’orchestre de l’école de musique. Chaque année, l’école de musique donne une représentation pour la fin de l’année scolaire, au mois de juin, et pour Noël : le « petit Noël des musiciens ».

Georges Leygues (ci-dessus), homme politique originaire de Villeneuve sur Lot fit de nombreuses donations, notamment pour la construction d’une église et d’un théâtre à Villeneuve.

Les alentours de Villeneuve

Le château de Bonaguil

Le château de Bonaguil est un des monuments les plus visités de la région. Il conserve en effet son caractère de forteresse du Moyen-Age, entièrement équipé de tous les systèmes défensifs mis en place entre le XIIIe et le XVe siècle.

En effet, tout d’abord édifié sur une aiguille rocheuse au XIIIe siècle, il est restauré et son système défensif est complété jusqu’à la fin du XVe, début du XVIe siècle par un comte de la région mégalomane et ambitieux, nostalgique de la grande tradition guerrière moyenâgeuse : le Comte Bérenger de Roquefeuil. Il est achevé en 1510, cependant, il fait figure d’exception en ce début de la Renaissance, où les Rois de France commençaient déjà à faire construire les premiers châteaux de la Loire, si célèbres pour leur grande beauté … et non pour leurs qualités défensives. Malgré les nombreux travaux et aménagements entrepris dans les châteaux de la région afin d’en faire des demeures plus habitables au dépend de leur qualité défensive, le château de Bonaguil a conservé sa structure d’antan et fut habité jusqu’à la Révolution sans jamais être pris.

Il est donc le symbole des forteresses du Moyen-Âge dont il ne reste aujourd’hui que peu d’exemple de ces chefs d’œuvres d’architecture colossale destinés à la défense de places fortes.

Le Pruneau

Son histoire et ses origines :

En réalité, le pruneau vient de loin. Le prunier est en effet originaire de Chine. Il fut ramené en France sur le pourtour méditerranéen par les routes de la soie, dans l’Antiquité. La technique de séchage du pruneau fut découverte à la même époque. La réputation du pruneau dans l’antiquité était déjà très étendue et de nombreux auteurs tels Hippocrate ou Pline l’Ancien vantaient alors ses vertus.

Ainsi, les médecins d’Orient et d’Occident le connaissaient déjà plusieurs siècles avant Jésus Christ.

Cependant, le pruneau d’aujourd’hui tel qu’il est connu dans la région, issu du séchage de la « prune d’ente » remonte seulement au XIIe siècle. Du temps de la troisième grande croisade, des moines d’une abbaye bénédictine près de Villeneuve (à Clairac) greffèrent un prunier de la région avec une autre variété provenant tout droit de Damas. Le nom de « prune d’Ente » vient donc de cette opération puisque « enter » signifie « greffer ».

Les premiers vrais pruneaux naquirent donc à cette époque . Cependant, un hiver rigoureux en 1709 ravagea la région et tous les pruniers furent décimés. La production se déplaça alors vers l’Ouest, dans la vallée du Lot, en Lot-et-Garonne, où les terres argileuses et riches en calcaire ainsi que le climat, sont favorables aux pruniers.

D’où vient le nom de « pruneaux d’Agen » ?
Le pruneau n’est pourtant pas cultivé à Agen !

Si le pruneau à l’appellation « pruneau d’Agen », qui lui fut décerné officiellement en 2002, c’est que l’histoire a gardé en mémoire l’estampille du port d’origine des pruneaux. En effet, au XVIIIe siècle, le commerce est très florissant dans le Sud-Ouest et le pruneau est très réclamé dans les ports de la région qui voit partir des marins aux quatre coins du monde qui ont besoin du pruneau savoureux et aux qualités énergétique réputées. Les gabarres du Quercy (bateaux à fond plat et dont le mât se relève) approvisionnaient donc ces ports en pruneaux qui portaient l’estampillage… du port d’Agen. Ainsi, on avait l’habitude de parler de « pruneaux d’Agen » !

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